Le Signal du jour — 16 septembre 2026

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Signal 01

Bell propose un pôle canadien d’intelligence artificielle de 52,5 milliards de dollars en Saskatchewan

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Les infrastructures d’intelligence artificielle deviennent des infrastructures essentielles.

Ce qui s’est passé

Bell prévoit faire passer son infrastructure d’intelligence artificielle en Saskatchewan à une capacité totale de 1,2 gigawatt, notamment grâce à une capacité supplémentaire pouvant atteindre 900 mégawatts. Cette expansion établirait le siège social de Bell AI Fabric dans la région de Regina et pourrait créer environ 4 500 emplois. S’il est réalisé, le projet constituerait le plus important investissement en capital de l’histoire de la Saskatchewan. Les 900 mégawatts supplémentaires seraient alimentés par une centrale au gaz naturel financée par Bell et exploitée indépendamment du réseau électrique provincial. Bell affirme également que les installations utiliseraient un système de refroidissement en circuit fermé ne nécessitant pas d’eau municipale. Le projet progressera par phases, à mesure que des engagements seront obtenus auprès des clients. Il demeure également conditionnel aux ententes commerciales, aux permis, aux autorisations et aux évaluations environnementales applicables.

Pourquoi c’est important pour le Canada

Il ne s’agit plus principalement d’une annonce concernant un centre de données. Un pôle informatique de 1,2 gigawatt constitue une infrastructure industrielle. Il nécessite une production énergétique dédiée, des télécommunications sophistiquées, une protection physique, une forte cyberrésilience et une capacité opérationnelle à long terme. Il soulève également une question de politique publique. Si la capacité canadienne de calcul devient une ressource d’importance nationale, qui y aura accès lorsque l’offre sera limitée, et selon quelles règles?

Ce que CCN observe

La souveraineté canadienne en matière d’intelligence artificielle ne dépendra pas uniquement de la conservation des données au pays. Elle nécessitera une énergie sûre, des réseaux résilients, du matériel fiable, un contrôle opérationnel canadien et des priorités d’accès clairement définies.

Ce que les dirigeants devraient envisager

Les organisations qui prévoient utiliser des infrastructures canadiennes d’intelligence artificielle devraient déterminer où se situeront leur capacité de calcul, leurs données, leurs dépendances énergétiques et leur contrôle opérationnel. Les décisions d’approvisionnement devraient tenir compte de la résilience, de la compétence juridique canadienne, de l’approvisionnement en matériel, de la réponse aux incidents et de la continuité de l’accès lorsque la capacité est limitée.

À surveiller

Il faudra surveiller les engagements des clients, les phases de construction, les exigences énergétiques et environnementales, la participation des communautés autochtones et locales, les fournisseurs de matériel ainsi que les normes de sécurité appliquées aux installations.

Source : Government of Canada

Signal 02

Le Canada propose un réseau dorsal souverain à large bande

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La souveraineté numérique passe de la localisation des données à l’architecture des réseaux.

Ce qui s’est passé

Le premier ministre Mark Carney a annoncé que le Canada sollicitera des investissements privés au moyen de concessions à long terme pour l’exploitation des quatre plus grands aéroports du pays, soit ceux de Toronto, Montréal, Vancouver et Calgary. Le gouvernement fédéral conserverait la propriété des terrains et des actifs sous jacents. Les sommes obtenues seraient réinvesties dans les aéroports régionaux, le transport local et de nouvelles infrastructures nationales. Ces infrastructures comprendraient un réseau dorsal souverain à large bande reliant les Canadiens d’un océan à l’autre et jusqu’à l’Arctique, avec des connexions plus directes et plus sûres vers l’Europe et l’Asie.

Pourquoi c’est important pour le Canada

Cette proposition ne devrait pas être décrite simplement comme un Internet souverain. Elle concerne l’infrastructure de communication sous jacente, notamment la fibre, les routes de transmission, les points d’échange et les connexions internationales par lesquels circule le trafic canadien. La dépendance du Canada ne concerne pas seulement l’endroit où les données sont conservées. Elle concerne aussi la manière dont le trafic circule, les territoires juridiques qu’il traverse, les organisations qui exploitent l’infrastructure et la rapidité avec laquelle la connectivité peut être rétablie après une perturbation. Des liens plus directs avec l’Europe et l’Asie pourraient réduire la dépendance envers les routes passant par les États Unis et accroître la résilience face aux perturbations géopolitiques, commerciales ou techniques.

Ce que CCN observe

La souveraineté dépend de plus en plus des voies physiques qui relient les institutions, les entreprises et les communautés canadiennes.

Ce que les dirigeants devraient envisager

Les organisations devraient comprendre comment leurs données et leurs communications canadiennes sont acheminées, quelles compétences juridiques elles traversent et quels fournisseurs contrôlent les infrastructures sous jacentes. La planification de la résilience devrait examiner la diversité des parcours, les dépendances internationales, le rétablissement des services et les garanties contractuelles.

À surveiller

Il faudra surveiller le modèle de propriété proposé, les exploitants, les parcours, les exigences de sécurité, le financement, l’échéancier et l’intégration aux réseaux de télécommunications existants.

Source : Prime Minister of Canada

Signal 03

Près de 500 milliards de dollars sont engagés, mais l’exécution devient le véritable test

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Le défi du Canada passe de l’attraction des capitaux à leur transformation en actifs stratégiques achevés.

Ce qui s’est passé

Le gouvernement fédéral affirme que le Sommet a généré près de 500 milliards de dollars en engagements d’investissement et en capacité de financement. Environ 100 milliards proviennent de fonds de pension, d’assureurs et d’investisseurs institutionnels. Les banques canadiennes ont annoncé près de 325 milliards en capacité de financement. Des fonds d’investissement se sont engagés à mobiliser plus de 14 milliards. Parmi les engagements les plus importants figurent le Fonds Maple de 50 milliards créé par Investissements RPC et Brookfield, 150 milliards en financement de la Banque TD, plus de 100 milliards de la Banque Scotia et 70 milliards de BMO.

Pourquoi c’est important pour le Canada

Ces sommes ne représentent pas toutes des capitaux déjà investis dans des projets réalisés. Elles comprennent des investissements directs, des augmentations prévues des allocations canadiennes, de la capacité de prêt et des capitaux que les organisations souhaitent mobiliser sur plusieurs années. Cette distinction ne diminue pas l’importance des engagements. Elle modifie plutôt la façon dont leur réussite devra être mesurée. Le Canada doit maintenant présenter des projets viables disposant d’une énergie suffisante, d’une réglementation prévisible, d’une main d’œuvre qualifiée, d’une participation autochtone, de chaînes d’approvisionnement résilientes et d’une demande commerciale crédible.

Ce que CCN observe

La prochaine mesure réellement significative ne sera pas le total annoncé. Elle sera la proportion des capitaux qui atteint les projets, la rapidité avec laquelle la construction commence et les capacités durables créées au Canada.

Ce que les dirigeants devraient envisager

Les dirigeants devraient distinguer les investissements annoncés, le financement disponible, les capitaux que les organisations souhaitent mobiliser et les sommes réellement déployées. Les organisations à la recherche de capitaux devront présenter des projets viables soutenus par une demande crédible, une énergie disponible, une préparation réglementaire, une main d’œuvre suffisante et des chaînes d’approvisionnement résilientes.

À surveiller

Il faudra surveiller les projets identifiés, les ententes de financement signées, les décisions de construction, les capitaux réellement déployés et la proportion des nouvelles infrastructures qui demeure sous contrôle canadien.

Source : Prime Minister of Canada

Signal 04

Le Canada modifie les conditions économiques de l’investissement

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Le Canada cherche à attirer les investissements stratégiques en modifiant la structure de son économie, et non seulement au moyen de subventions individuelles.

Ce qui s’est passé

Le gouvernement fédéral a annoncé une Méga déduction pour la productivité permanente permettant aux entreprises de déduire immédiatement le coût d’une gamme beaucoup plus vaste d’immobilisations. Les catégories admissibles comprennent notamment les logiciels, la recherche et développement, le matériel informatique, la fibre, les chemins de fer, les pipelines, les brevets, les aéronefs, les véhicules, les ponts et les routes. Le gouvernement estime que le taux effectif marginal d’imposition applicable aux nouveaux investissements des entreprises passera d’environ 13 pour cent à 6,4 pour cent.

Pourquoi c’est important pour le Canada

Le Sommet ne visait pas uniquement à promouvoir le Canada auprès des investisseurs. Il a aussi modifié le calcul financier qui sous tend les futures décisions d’investissement. La déduction immédiate améliore l’économie des projets en permettant aux entreprises de récupérer plus rapidement les coûts admissibles. Elle pourrait influencer l’endroit où les entreprises internationales installent leurs nouvelles infrastructures, leurs technologies et leurs capacités de production. Son effet dépendra cependant de la disponibilité de l’énergie, de la rapidité des autorisations, de la capacité de la main d’œuvre et de la prévisibilité réglementaire.

Ce que CCN observe

Cette mesure pourrait avoir plus de conséquences que n’importe quelle annonce de projet, puisqu’elle peut influencer les décisions d’investissement dans plusieurs secteurs.

Ce que les dirigeants devraient envisager

Les entreprises qui prévoient des investissements importants devraient réévaluer le calendrier et la structure de leurs dépenses en capital admissibles. L’avantage fiscal peut améliorer la rentabilité des projets, mais il doit être évalué en tenant compte de la disponibilité de l’énergie, des délais d’autorisation, des besoins en main d’œuvre et de la prévisibilité réglementaire.

À surveiller

Il faudra observer quels secteurs réagissent en premier, si la mesure génère véritablement de nouveaux investissements et quelle proportion de l’avantage soutient des capacités sous contrôle canadien.

Source : Prime Minister of Canada

Signal 05

La préparation en matière de défense devient une stratégie d’allocation du capital

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La préparation en matière de défense devient une stratégie d’allocation du capital, et non seulement une stratégie d’approvisionnement.

Ce qui s’est passé

CIBC s’est engagée à consacrer 2 milliards de dollars sur cinq ans au soutien des petites et moyennes entreprises canadiennes œuvrant dans les domaines de la défense et des technologies à double usage. Les secteurs admissibles comprennent la cybersécurité, les capacités numériques, les infrastructures, l’énergie et les technologies avancées. CIBC met également sur pied un réseau national de spécialistes du secteur de la défense afin d’offrir une expertise financière et des relations stratégiques. Le gouvernement fédéral a annoncé séparément 700 millions de dollars par l’entremise de la Banque de développement du Canada. Cette somme comprend 500 millions destinés à des fonds d’investissement spécialisés et 200 millions supplémentaires pour StrongNorth. Ces mesures s’inscrivent dans la Plateforme de défense de 6 milliards de dollars de BDC.

Pourquoi c’est important pour le Canada

Les entreprises canadiennes de sécurité et de technologies à double usage ont souvent de la difficulté à passer d’une technologie prometteuse à une véritable envergure commerciale. L’apparition de mécanismes bancaires spécialisés, de fonds soutenus par le gouvernement et de spécialistes sectoriels pourrait commencer à combler cet écart. Elle élargit également la définition de l’investissement en défense. La cybersécurité, la résilience énergétique, les infrastructures de communication et l’informatique avancée sont de plus en plus financées comme des capacités de sécurité nationale.

Ce que CCN observe

Les institutions financières commencent à considérer la sécurité, la résilience et les technologies à double usage comme des secteurs économiques dans lesquels investir.

Ce que les dirigeants devraient envisager

Les entreprises canadiennes de cybersécurité, d’infrastructure et de technologies avancées devraient déterminer si leurs produits ont des applications crédibles dans les domaines de la défense ou des technologies à double usage. L’accès aux nouveaux capitaux pourrait nécessiter une meilleure préparation aux processus d’approvisionnement, des contrôles de sécurité plus robustes, des relations gouvernementales et la démonstration d’une capacité de croissance.

À surveiller

Il faudra surveiller les critères d’admissibilité, les conditions de financement, les premiers bénéficiaires et la capacité des petites entreprises à obtenir ces capitaux sans déjà détenir d’importants contrats gouvernementaux.

Source : CIBC

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