Signal 01 · · CCN Intelligence
Bell propose un pôle canadien d’intelligence artificielle de 52,5 milliards de dollars en Saskatchewan
Les infrastructures d’intelligence artificielle deviennent des infrastructures essentielles.
Ce qui s’est passé
Bell prévoit faire passer son infrastructure d’intelligence artificielle en Saskatchewan à une capacité totale de 1,2 gigawatt, notamment grâce à une capacité supplémentaire pouvant atteindre 900 mégawatts. Cette expansion établirait le siège social de Bell AI Fabric dans la région de Regina et pourrait créer environ 4 500 emplois. S’il est réalisé, le projet constituerait le plus important investissement en capital de l’histoire de la Saskatchewan. Les 900 mégawatts supplémentaires seraient alimentés par une centrale au gaz naturel financée par Bell et exploitée indépendamment du réseau électrique provincial. Bell affirme également que les installations utiliseraient un système de refroidissement en circuit fermé ne nécessitant pas d’eau municipale. Le projet progressera par phases, à mesure que des engagements seront obtenus auprès des clients. Il demeure également conditionnel aux ententes commerciales, aux permis, aux autorisations et aux évaluations environnementales applicables.
Pourquoi c’est important pour le Canada
Il ne s’agit plus principalement d’une annonce concernant un centre de données. Un pôle informatique de 1,2 gigawatt constitue une infrastructure industrielle. Il nécessite une production énergétique dédiée, des télécommunications sophistiquées, une protection physique, une forte cyberrésilience et une capacité opérationnelle à long terme. Il soulève également une question de politique publique. Si la capacité canadienne de calcul devient une ressource d’importance nationale, qui y aura accès lorsque l’offre sera limitée, et selon quelles règles?
Ce que CCN observe
La souveraineté canadienne en matière d’intelligence artificielle ne dépendra pas uniquement de la conservation des données au pays. Elle nécessitera une énergie sûre, des réseaux résilients, du matériel fiable, un contrôle opérationnel canadien et des priorités d’accès clairement définies.
Ce que les dirigeants devraient envisager
Les organisations qui prévoient utiliser des infrastructures canadiennes d’intelligence artificielle devraient déterminer où se situeront leur capacité de calcul, leurs données, leurs dépendances énergétiques et leur contrôle opérationnel. Les décisions d’approvisionnement devraient tenir compte de la résilience, de la compétence juridique canadienne, de l’approvisionnement en matériel, de la réponse aux incidents et de la continuité de l’accès lorsque la capacité est limitée.
À surveiller
Il faudra surveiller les engagements des clients, les phases de construction, les exigences énergétiques et environnementales, la participation des communautés autochtones et locales, les fournisseurs de matériel ainsi que les normes de sécurité appliquées aux installations.
Source : Government of Canada