Le Signal du jour — 22 octobre 2026

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Signal 01

La souveraineté économique du Canada exige une véritable stratégie pour son acier

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Le nouveau programme industriel fédéral-ontarien de 8,7 milliards de dollars pourrait renforcer la production d'acier, la fabrication automobile et l'accès aux minéraux critiques. Mais la question fondamentale demeure : que compte faire le Canada de cette capacité industrielle? Préserver la production d'acier est important. Créer une demande durable pour l'acier canadien dans la défense, l'énergie, les transports, les infrastructures et la fabrication de pointe pourrait donner à cet investissement une véritable portée stratégique. Le défi consiste à relier le soutien industriel d'aujourd'hui aux secteurs que le Canada souhaite développer au cours des vingt prochaines années.

Ce qui s’est passé

Le 21 octobre, le premier ministre Mark Carney et le premier ministre de l'Ontario Doug Ford ont annoncé un programme industriel conjoint de 8,7 milliards de dollars pour répondre aux pressions commerciales et renforcer le secteur manufacturier canadien. Les engagements comprennent 5,22 milliards de dollars pour l'acier, afin de soutenir la modernisation, la diversification des produits et l'accès à de nouveaux marchés; 2,5 milliards pour la fabrication automobile, notamment la modernisation et les capacités de production futures; ainsi qu'un milliard de dollars du gouvernement fédéral pour les infrastructures d'accès au Cercle de feu, en contrepartie de l'engagement existant de l'Ontario. Les gouvernements ont également présenté des mesures d'approvisionnement national visant à accroître la demande d'acier produit au Canada. L'annonce répond aux pressions industrielles immédiates tout en soulevant une question plus large concernant la stratégie manufacturière et économique à long terme du pays.

Pourquoi c’est important pour le Canada

L'acier est indispensable aux réseaux de transport d'électricité, à l'énergie nucléaire, aux équipements de défense, à la construction navale, aux chemins de fer, aux transports et aux grandes infrastructures. Ces secteurs pourraient générer une demande durable pour la production canadienne. Toutefois, chaque industrie exige des nuances d'acier, des caractéristiques techniques et des capacités de fabrication particulières. Les producteurs canadiens devront pouvoir fournir les matériaux nécessaires aux industries de demain, de façon fiable et concurrentielle. Le Cercle de feu représente une possibilité complémentaire. Les ressources minérales du Nord de l'Ontario pourraient alimenter la transformation, le raffinage et la fabrication de pointe au Canada plutôt que de simplement accroître les exportations de matières premières. Pour concrétiser cette possibilité, il faudra des infrastructures de transport, une énergie fiable, des installations de transformation commercialement viables, une participation autochtone significative et des clients. Le risque est que le Canada investisse massivement dans le maintien de capacités industrielles sans développer une demande suffisante ni des industries de transformation concurrentielles. La question stratégique n'est pas de savoir combien d'acier le Canada peut produire, mais ce qu'il compte construire avec cet acier.

Ce que CCN observe

CCN Intelligence considère l'annonce Carney–Ford comme une occasion de faire évoluer le débat sur la souveraineté économique canadienne au-delà des droits de douane, des subventions et de la préservation des industries existantes. Le défi le plus important consiste à déterminer comment le Canada peut utiliser ses capacités industrielles pour soutenir la prochaine génération de développement économique. L'acier, les minéraux critiques, l'électricité, la fabrication de défense, l'intelligence artificielle et les infrastructures de pointe ne devraient pas être considérés comme des domaines politiques indépendants. Ils sont de plus en plus interconnectés. Un nouveau réseau de transport d'électricité exige des matériaux, de l'ingénierie et des capacités manufacturières. Une industrie nationale de défense a besoin de métaux spécialisés, de chaînes d'approvisionnement sécurisées et de systèmes de production avancés. Un secteur concurrentiel des minéraux critiques nécessite des infrastructures, de l'énergie, des technologies de transformation et des clients. La force d'une économie industrielle repose sur ces liens. Le Canada possède des avantages considérables : des ressources naturelles, une base manufacturière établie, une expertise en ingénierie, des institutions financières, des capacités de recherche et un accès aux marchés internationaux. Ce qui demeure incertain, c'est notre capacité à organiser ces avantages dans une stratégie suffisamment coordonnée. Le financement public peut être nécessaire pour répondre aux perturbations commerciales et soutenir la modernisation industrielle. Mais il ne peut, à lui seul, créer un marché, assurer la compétitivité technique ou garantir la viabilité des entreprises. La prochaine étape doit mettre l'accent sur la demande, la spécialisation, la productivité, l'innovation et le développement de chaînes d'approvisionnement canadiennes capables de servir les marchés nationaux et internationaux. Le Cercle de feu illustre l'importance de cette approche. Sa valeur à long terme ne devrait pas être mesurée uniquement par la production minérale ou la construction de routes, mais aussi par les activités de transformation, la fabrication, les emplois, la participation économique autochtone et les capacités technologiques qui pourraient en découler. Le même principe s'applique à l'acier. Le Canada ne devrait pas investir des milliards simplement pour maintenir les industries dont il a hérité. Il devrait utiliser ces investissements pour développer les industries et les infrastructures qu'il entend construire. Voilà la différence entre un programme de soutien industriel et une véritable stratégie économique à long terme.

Ce que les dirigeants devraient envisager

Les fabricants canadiens, les promoteurs d'infrastructures, les entreprises énergétiques et les fournisseurs du secteur de la défense devraient examiner comment les chaînes d'approvisionnement nationales en acier et en minéraux pourraient répondre à leurs besoins futurs. Cela suppose de préciser les exigences techniques, les lacunes de production, les possibilités d'approvisionnement et les partenariats potentiels. Pour les entreprises technologiques, la modernisation industrielle ouvre des possibilités en robotique, en intelligence artificielle, en automatisation, en matériaux avancés, en cybersécurité des technologies opérationnelles et en maintenance prédictive. Les investisseurs devraient distinguer les projets principalement soutenus par le financement public de ceux qui reposent sur une demande commerciale crédible à long terme. Les gouvernements devraient relier le soutien industriel aux projets d'infrastructure, aux achats de défense, au développement énergétique et aux stratégies manufacturières. L'approvisionnement national peut contribuer à créer la demande, mais les producteurs doivent également demeurer concurrentiels en matière de qualité, de coûts, de fiabilité et de délais.

À surveiller

Le premier test concernera l'attribution des fonds destinés à l'acier et la capacité des projets soutenus à développer de nouveaux produits, à moderniser la production et à obtenir des clients. Il faudra surveiller si les politiques d'achat canadien se traduisent par des commandes mesurables provenant des secteurs de la défense, de l'énergie, des transports et des infrastructures. Les progrès du Cercle de feu dépendront des corridors de transport, des ententes avec les peuples autochtones, des évaluations environnementales, de l'accès à l'électricité et de projets crédibles de transformation en aval. Il faudra également observer si les producteurs d'acier, les sociétés minières, les entreprises technologiques et les grands promoteurs d'infrastructures établissent des partenariats reliant les ressources à la fabrication et à la demande commerciale. En définitive, la véritable mesure du succès ne sera pas le montant des fonds publics engagés, mais la capacité productive, la compétitivité et les capacités stratégiques créées.

Personnes à suivre

Mark Carney — Premier ministre du Canada; politique industrielle fédérale, investissements et priorités d'approvisionnement. Doug Ford — Premier ministre de l'Ontario; stratégie manufacturière et développement du Cercle de feu. Mélanie Joly — Ministre de l'Industrie; modernisation industrielle et investissements stratégiques. Tim Hodgson — Ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles; minéraux critiques et chaînes de valeur des ressources. Dirigeants des Premières Nations du Cercle de feu — Gouvernements autochtones dont les décisions et la participation sont essentielles au développement des infrastructures et des ressources.

Organisations à suivre

Algoma Steel, Stelco et ArcelorMittal Dofasco — Producteurs d'acier dont la modernisation et les stratégies commerciales seront déterminantes. Innovation, Sciences et Développement économique Canada — Investissements industriels fédéraux et mise en œuvre. Ressources naturelles Canada — Minéraux critiques, énergie et développement des ressources. Première Nation de Marten Falls et Première Nation de Webequie — Participantes clés aux projets de routes d'accès au Cercle de feu. Fabricants canadiens des secteurs de la défense, de l'énergie et des infrastructures — Sources potentielles de demande nationale durable.

Source : https://www.newswire.ca/news-releases/prime-minister-carney-and-premier-ford-launch-new-action-plan-to-protect-workers-from-tariffs-and-strengthen-ontario-industries-841197687.html

Signal 02

La cybersécurité devient un enjeu de fidélisation de la clientèle

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La cybersécurité influence de plus en plus la confiance des clients et leurs relations avec les entreprises. Une nouvelle étude de Bell Cyber révèle que 77 % des Canadiens interrogés déclarent avoir été ciblés par une cyberattaque au cours de l'année précédente, tandis que 57 % affirment qu'ils seraient susceptibles de quitter une entreprise après une atteinte à la sécurité de leurs renseignements personnels. Seulement 31 % ont confiance dans la capacité des organisations canadiennes à se protéger contre les cyberattaques facilitées par l'intelligence artificielle. Ces résultats soulèvent une question commerciale importante : à mesure que les cybermenaces se perfectionnent, les organisations peuvent-elles démontrer la sécurité et la responsabilité nécessaires pour conserver la confiance de leurs clients?

Ce qui s’est passé

Le 21 octobre, Bell Cyber a publié son étude nationale intitulée Modern Cybersecurity: Canadian Expectations and Enterprise Responsibilities. Réalisée par Léger auprès de 1 523 adultes canadiens, l'enquête révèle que 77 % déclarent avoir été personnellement ciblés par une cyberattaque au cours de l'année précédente, que 57 % seraient susceptibles de quitter une entreprise après une atteinte à la sécurité de leurs renseignements personnels et que 38 % ont déjà évité une entreprise en raison de préoccupations liées à la cybersécurité. L'étude indique également que 76 % estiment que l'intelligence artificielle aide les criminels à créer des fraudes convaincantes plus rapidement que les organisations ne peuvent les arrêter, tandis que seulement 31 % ont confiance dans la capacité des organisations canadiennes à se protéger contre les cyberattaques facilitées par l'IA. Par ailleurs, 65 % affirment que des investissements visibles en cybersécurité renforcent leur confiance. L'enquête révèle aussi des lacunes dans la formation des employés, particulièrement dans les petites entreprises. Ces résultats reflètent les expériences et les perceptions des répondants, et non des taux de cyberattaques ou d'atteintes à la sécurité vérifiés de manière indépendante.

Pourquoi c’est important pour le Canada

La cybersécurité dépasse désormais le cadre des responsabilités technologiques et réglementaires pour devenir un enjeu commercial plus large. Une atteinte à la sécurité peut nuire à la fidélisation de la clientèle, à la réputation, aux revenus et à la confiance envers la direction d'une organisation. La fraude, l'usurpation d'identité et l'ingénierie sociale facilitées par l'IA rendent plus difficile la distinction entre les communications légitimes et les activités malveillantes. Les entreprises doivent donc démontrer qu'elles protègent les renseignements de leurs clients et qu'elles peuvent gérer efficacement les incidents. Pour les PME canadiennes, les ressources limitées en cybersécurité et les lacunes en formation compliquent particulièrement la situation. Les résultats suggèrent également que l'hébergement des données au Canada et le recours à des fournisseurs canadiens influencent la confiance de certains consommateurs. Toutefois, l'hébergement au Canada ne garantit pas, à lui seul, une meilleure sécurité. Le défi consiste à transformer les investissements en cybersécurité en une protection que les clients peuvent comprendre et à laquelle ils peuvent faire confiance.

Ce que CCN observe

CCN Intelligence considère les résultats de Bell Cyber comme un signe d'évolution importante du lien entre la cybersécurité et la performance des entreprises. La cybersécurité devient de plus en plus un facteur dans l'évaluation des organisations auxquelles les clients accordent leur confiance. Cette évolution crée une nouvelle responsabilité pour les dirigeants. La protection des renseignements demeure une exigence technique et opérationnelle, mais le maintien de la confiance constitue un défi organisationnel plus vaste qui touche la gouvernance, les communications, les comportements des employés et les relations avec la clientèle. L'étude met également en évidence une contradiction importante. Les consommateurs semblent de plus en plus préoccupés par les cybermenaces, mais plusieurs ont peu confiance dans la capacité des organisations à les protéger. Réduire cet écart exigera davantage que des dépenses technologiques supplémentaires. Les entreprises doivent démontrer que leurs investissements en cybersécurité améliorent réellement la prévention, la détection, la réponse aux incidents et la résilience. Elles doivent également communiquer honnêtement ce qui peut et ne peut pas être garanti. Aucune organisation ne peut éliminer complètement le cyberrisque. Promettre une protection absolue ne serait ni crédible ni durable. La confiance se renforce lorsque les organisations mettent en place des mesures de protection raisonnables, communiquent avec transparence, réagissent efficacement aux incidents et assument leurs responsabilités envers les renseignements qui leur sont confiés. L'influence croissante de l'IA rend cette responsabilité encore plus importante. Alors que les attaquants utilisent l'automatisation pour produire des fraudes plus convaincantes et accélérer leurs activités malveillantes, les défenseurs doivent améliorer leurs propres capacités tout en maintenant un jugement humain et une responsabilité appropriés. Pour le Canada, il existe une possibilité de renforcer sa position comme fournisseur de confiance de services de cybersécurité et d'infrastructures numériques. Mais cette réputation doit reposer sur des résultats démontrables, et non simplement sur une image de marque nationale ou des affirmations concernant la résidence des données. La cybersécurité ne consiste plus seulement à protéger l'entreprise. Elle consiste de plus en plus à protéger les relations qui permettent à l'entreprise d'exister.

Ce que les dirigeants devraient envisager

Les conseils d'administration et les équipes de direction devraient évaluer la cybersécurité en fonction de la fidélisation de la clientèle, de la réputation et de la résilience opérationnelle. Les entreprises devraient pouvoir expliquer clairement leurs engagements en matière de sécurité sans divulguer d'informations techniques sensibles ni promettre une protection absolue. La formation pratique des employés, l'authentification forte, la surveillance efficace et les plans d'intervention testés demeurent essentiels. Les organisations devraient également examiner comment les menaces facilitées par l'IA transforment la prévention de la fraude, les communications avec les clients et les opérations de sécurité. Pour les fournisseurs de cybersécurité, l'occasion consiste à démontrer des résultats commerciaux mesurables plutôt qu'à s'appuyer principalement sur des capacités techniques ou des arguments de vente.

À surveiller

Il faudra observer si les entreprises canadiennes commencent à considérer la confiance des clients envers leur cybersécurité comme un indicateur commercial mesurable. L'usurpation d'identité, la fraude et l'ingénierie sociale facilitées par l'IA demeureront des menaces importantes, particulièrement à mesure que l'automatisation devient plus accessible. La collaboration entre Bell Cyber et Cohere, ainsi que les initiatives de sécurité assistée par l'IA, mériteront d'être suivies pour déterminer si elles améliorent réellement la protection et les capacités d'intervention. Il faudra également surveiller comment les institutions financières, les entreprises de télécommunications et les fournisseurs de services numériques canadiens communiquent leurs engagements de sécurité et réagissent aux incidents. La question centrale demeure de savoir si les organisations peuvent réduire l'écart entre les attentes croissantes des clients et leur performance démontrée en cybersécurité.

Personnes à suivre

John Menezes — Président et chef de la direction de Bell Cyber; cybersécurité assistée par l'IA et confiance des clients. Sami Khoury — Ancien dirigeant du Centre canadien pour la cybersécurité; résilience nationale et confiance du public. Dirigeants canadiens de la cybersécurité et des entreprises — Responsables du rapprochement entre la performance en cybersécurité et les résultats commerciaux.

Organisations à suivre

Bell Cyber — Éditeur de l'étude et développeur de capacités de cybersécurité assistées par l'IA. Léger — Firme de recherche responsable de l'enquête nationale. Cohere — Entreprise canadienne d'IA collaborant avec Bell sur des applications de cybersécurité. Centre canadien pour la cybersécurité — Conseils nationaux en cybersécurité et renseignements sur les menaces. Fournisseurs canadiens de télécommunications, de services financiers et numériques — Secteurs où la confiance et la sécurité influencent directement les relations avec la clientèle.

Source : https://www.bce.ca/news-and-media/newsroom

Signal 03

La stratégie spatiale du Canada devient une stratégie d'infrastructure nationale

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La stratégie canadienne de souveraineté spatiale s'accélère. Après les développements du 20 octobre concernant Xona Space Systems Canada et Reaction Dynamics, le gouvernement fédéral a annoncé de nouveaux engagements dans les infrastructures de lancement nationales, les communications par satellite et la coopération de défense avec ses alliés. Les mesures du 21 octobre comprennent une entente de 20 millions de dollars sur dix ans avec NordSpace et un contrat de 4,7 millions de dollars avec Kepler Communications. Ensemble, ces initiatives indiquent un objectif national plus vaste : développer la capacité de construire, lancer, exploiter et protéger les systèmes spatiaux qui soutiennent l'économie, la défense et les infrastructures essentielles du Canada. Le défi consiste à transformer ces investissements individuels en un écosystème spatial canadien coordonné et fiable sur le plan opérationnel.

Ce qui s’est passé

Le 21 octobre, le ministre de la Défense nationale David McGuinty a annoncé plusieurs mesures visant à renforcer les capacités spatiales nationales du Canada. Le gouvernement fédéral a conclu une entente de 20 millions de dollars sur dix ans avec NordSpace pour accéder à son complexe de lancement spatial de l'Atlantique, à Terre-Neuve-et-Labrador. Il a également accordé un contrat de 4,7 millions de dollars à Kepler Communications pour développer et tester une technologie de communication optique permettant aux satellites d'échanger des données au moyen de liaisons laser. Le Canada s'est joint à l'initiative STARLIFT de l'OTAN, qui vise à renforcer l'accès des alliés à des capacités de lancement spatial réactives. Le gouvernement a également annoncé des initiatives de développement de la main-d'œuvre spatiale, notamment la création d'un nouveau métier d'opérateur de mission spatiale au sein des Forces armées canadiennes. Ces mesures suivent les annonces du 20 octobre concernant Xona Space Systems Canada, qui reçoit 15 millions de dollars pour un projet montréalais de navigation satellitaire et de fabrication, et Reaction Dynamics, qui poursuit le développement de son lanceur Aurora et de son projet de fusée moyenne Borealis. Avec les activités de Maritime Launch Services en Nouvelle-Écosse, ces initiatives couvrent la navigation, les communications, les lanceurs, les installations de lancement et les opérations de défense. Elles représentent des progrès importants, même si les capacités canadiennes de lancement orbital indépendant demeurent en développement.

Pourquoi c’est important pour le Canada

Les satellites soutiennent les télécommunications, la navigation, la synchronisation de précision, les transports, les services d'urgence, la surveillance environnementale et les opérations de défense. Pour le Canada, leur importance est accentuée par l'étendue du territoire, les responsabilités dans l'Arctique et les besoins des communautés éloignées. Des infrastructures nationales de lancement pourraient offrir une plus grande souplesse et réduire la dépendance envers les calendriers de lancement étrangers. Les communications optiques entre satellites pourraient améliorer la transmission des données et la résilience, particulièrement là où les infrastructures conventionnelles sont limitées. Ces investissements créent également des possibilités pour l'ingénierie canadienne, le développement logiciel, la cybersécurité, la fabrication de pointe et la formation spécialisée. Toutefois, des installations de lancement ne suffisent pas à établir une capacité souveraine de lancement. Le Canada a aussi besoin de lanceurs fiables, d'autorisations réglementaires, d'une expertise opérationnelle et d'une demande commerciale durable. L'occasion stratégique consiste à relier ces capacités dans une infrastructure que le Canada peut utiliser, exploiter et protéger de manière fiable.

Ce que CCN observe

CCN Intelligence considère les dernières annonces comme un signe que la stratégie spatiale du Canada se rapproche de plus en plus de ses priorités en matière d'infrastructures nationales et de sécurité économique. Ces développements sont importants parce qu'ils répondent à différentes dimensions d'un même défi stratégique. Xona développe des capacités liées à la navigation et à la synchronisation par satellite. Kepler met au point des technologies permettant des communications satellitaires plus résilientes. Reaction Dynamics et NordSpace font progresser les technologies et les infrastructures de lancement nationales. Maritime Launch Services développe une autre composante de l'écosystème canadien de lancement. Le ministère de la Défense nationale contribue à créer une demande pour ces capacités tout en renforçant la coopération avec les alliés internationaux. Individuellement, ces initiatives représentent des investissements dans différentes technologies et organisations. Ensemble, elles laissent entrevoir les fondements d'une capacité spatiale nationale plus intégrée. L'occasion consiste à relier ces investissements dans un écosystème capable de développer, lancer, exploiter et protéger des systèmes spatiaux tout en créant une valeur économique durable. Mais la coordination sera essentielle. Le Canada doit éviter de considérer chaque annonce comme la preuve qu'une capacité souveraine complète existe déjà. La véritable mesure sera la réussite des lancements, la fiabilité des services satellitaires, la viabilité commerciale des entreprises, la création d'emplois spécialisés, la sécurité des opérations et la capacité de réagir efficacement aux perturbations. La cybersécurité doit demeurer au cœur de ce développement. À mesure que les infrastructures spatiales s'intègrent davantage aux télécommunications, à la défense, aux transports et à d'autres services essentiels, les vulnérabilités des systèmes connectés aux satellites pourraient avoir des conséquences bien au-delà du secteur aérospatial. Cette leçon s'applique également à d'autres technologies stratégiques. La souveraineté du Canada dépend de plus en plus de sa capacité à développer, exploiter et protéger les infrastructures qui soutiennent l'activité économique moderne. Cela comprend l'informatique, l'électricité, les télécommunications, la fabrication de pointe, la cybersécurité et l'espace. Les ambitions spatiales du Canada deviennent un test de sa capacité à transformer les investissements technologiques en capacités nationales sécurisées, opérationnelles et économiquement durables.

Ce que les dirigeants devraient envisager

Les exploitants d'infrastructures essentielles devraient comprendre leur dépendance envers la navigation, la synchronisation et les communications satellitaires, ainsi que les conséquences possibles d'une interruption. Les fournisseurs de télécommunications et les entreprises technologiques devraient examiner les possibilités dans la connectivité satellitaire, les communications sécurisées, les logiciels et l'intégration des systèmes. La cybersécurité doit être intégrée aux satellites, aux stations au sol, aux logiciels de contrôle des missions et aux réseaux connectés. Les fabricants de pointe pourraient trouver des débouchés dans les composants de précision, les matériaux, l'électronique, la propulsion et les systèmes d'essai. Les investisseurs devraient distinguer les démonstrations technologiques prometteuses des activités commercialement viables, en tenant compte des besoins en capitaux et des délais de développement. Le développement des compétences sera tout aussi important, particulièrement en ingénierie, en cybersécurité, en IA, en logiciels et en fabrication de pointe.

À surveiller

Il faudra surveiller le développement des infrastructures de NordSpace et ses progrès vers les opérations orbitales. Le programme Aurora de Reaction Dynamics et son projet de fusée Borealis constitueront des indicateurs importants du développement canadien des lanceurs. Le projet de communications optiques de Kepler devra être suivi pour ses démonstrations techniques et ses applications pratiques en défense. Il faudra observer si les achats des Forces armées canadiennes créent une demande durable pour les services spatiaux nationaux. La participation du Canada à STARLIFT de l'OTAN pourrait créer d'autres possibilités pour les entreprises canadiennes et la coopération entre alliés. Le test central sera de déterminer si ces projets deviennent des services fiables, des entreprises commercialement viables et des capacités nationales sécurisées.

Personnes à suivre

David McGuinty — Ministre de la Défense nationale; capacités spatiales militaires et coopération avec les alliés. Rahul Goel — Fondateur et chef de la direction de NordSpace; lanceurs canadiens et infrastructures de lancement. Mina Mitry — Chef de la direction et cofondateur de Kepler Communications; technologies de communications satellitaires. Bachar Elzein — Fondateur et chef de la direction de Reaction Dynamics; programmes de lancement Aurora et Borealis. Mélanie Joly — Ministre de l'Industrie; investissements spatiaux commerciaux et fabrication de pointe.

Organisations à suivre

NordSpace — Complexe de lancement spatial de l'Atlantique et technologies canadiennes de lancement. Kepler Communications — Communications optiques par satellite et transmission résiliente des données. Reaction Dynamics — Développement de lanceurs canadiens. Xona Space Systems Canada — Navigation satellitaire et capacités manufacturières à Montréal. Maritime Launch Services — Infrastructures de lancement en Nouvelle-Écosse. Ministère de la Défense nationale et Forces armées canadiennes — Approvisionnement spatial, besoins opérationnels et développement de la main-d'œuvre. STARLIFT de l'OTAN — Coopération alliée en matière de lancement spatial réactif. Agence spatiale canadienne — Expertise spatiale civile, recherche et partenariats.

Source : https://www.canada.ca/en/department-national-defence/news/2026/10/minister-mcguinty-announces-strategic-advancements-for-canadas-sovereign-space-capabilities.html

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