Le signal du jour — 25 septembre 2026

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L’économie canadienne de la défense s’étend bien au delà du secteur de la défense

Le renforcement de la défense canadienne dépasse désormais les entreprises traditionnellement associées à ce secteur et intègre de plus en plus les sciences de la vie, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la fabrication de pointe, les minéraux critiques et les établissements de recherche à une base industrielle de sécurité nationale plus vaste.

Ce qui s’est passé

De récents investissements fédéraux montrent à quelle vitesse les frontières de l’économie canadienne de la défense s’élargissent. Ottawa a annoncé un investissement d’environ 67 millions de dollars par l’intermédiaire du Fonds pour les sciences de la vie dans des projets touchant notamment la résilience de l’approvisionnement en antimicrobiens, les technologies de transfusion sanguine et de transplantation d’organes, le développement de l’ARN, l’hémodialyse portable, la biofabrication et la recherche sur la préparation aux pandémies. Le gouvernement a explicitement associé cet investissement au renforcement de la capacité industrielle à double usage du Canada, de sa base industrielle de défense, de ses technologies souveraines et de ses chaînes d’approvisionnement nationales. Au Manitoba, une initiative fédérale consacrée à l’innovation en matière de défense et de technologies à double usage vise à aider les petites et moyennes entreprises à se préparer aux marchés de la défense, notamment en répondant aux exigences de cybersécurité et de certification. Ces développements s’inscrivent dans la Stratégie industrielle de défense du Canada, qui considère notamment l’infrastructure infonuagique sécurisée, l’intelligence artificielle, les technologies quantiques, les contre mesures médicales, la guerre électronique, l’espace et les systèmes autonomes comme des capacités stratégiques.

Pourquoi c’est important pour le Canada

Le Canada ne se contente pas d’augmenter ses dépenses militaires. Il élargit la définition même de sa base industrielle de défense. Une entreprise de biotechnologie peut contribuer à la médecine militaire. Une société minière peut fournir des minéraux d’importance stratégique. Une entreprise d’intelligence artificielle peut soutenir le renseignement ou les systèmes autonomes. Les fournisseurs de services infonuagiques et de télécommunications peuvent faire partie d’une infrastructure numérique souveraine. Les universités peuvent participer à la recherche en défense, tandis que des fabricants auparavant concentrés sur les marchés civils peuvent intégrer les chaînes d’approvisionnement militaires. L’ampleur de cette transformation est considérable. Le gouvernement fédéral estime que sa stratégie de défense et les engagements connexes pourraient générer environ 180 milliards de dollars en approvisionnement de défense, 290 milliards de dollars en investissements dans les infrastructures liées à la défense et 125 milliards de dollars en activité économique en aval d’ici 2035. La défense recoupe de plus en plus les politiques industrielles, technologiques et économiques du Canada.

Ce que CCN observe

Le Canada pourrait être témoin d’un changement beaucoup plus important qu’une simple augmentation des dépenses militaires. La défense commence à devenir une force structurante dans certaines parties de la politique industrielle canadienne. Des capitaux sont mobilisés, les universités et les établissements de recherche sont davantage reliés aux besoins de la défense, les technologies civiles sont évaluées pour des applications militaires et les industries stratégiques sont de plus en plus associées à la souveraineté. À mesure que ces frontières s’élargissent, des milliers d’organisations canadiennes pourraient découvrir qu’elles font désormais partie de l’économie de la défense. La question essentielle est de savoir si l’industrie canadienne est prête à assumer les responsabilités en matière de sécurité qui accompagnent son intégration à cet écosystème.

Ce que les dirigeants devraient envisager

Les entreprises canadiennes devraient examiner si leurs technologies, leurs produits ou leurs services peuvent avoir des applications militaires ou à double usage. Toutefois, l’entrée dans cet écosystème entraîne également de nouvelles responsabilités. La cybersécurité, la protection des informations sensibles, la sécurité du personnel, l’assurance des chaînes d’approvisionnement, les dépendances étrangères et les exigences réglementaires peuvent prendre beaucoup plus d’importance. Le Canada a déjà commencé à introduire des exigences de certification en cybersécurité pour les fournisseurs du secteur de la défense. À mesure que des entreprises des secteurs de la technologie, de la fabrication, des sciences de la vie, des mines et d’autres industries intègrent les chaînes d’approvisionnement de la défense, la préparation en matière de sécurité pourrait devenir à la fois un avantage concurrentiel et un obstacle à la participation.

À surveiller

Il faudra surveiller quels secteurs canadiens commenceront à présenter davantage leurs technologies comme étant à double usage plutôt que strictement civiles. Les sciences de la vie constituent un exemple important, mais l’intelligence artificielle, le quantique, la cybersécurité, la fabrication de pointe, la robotique, l’espace, les minéraux critiques, l’énergie et les infrastructures nordiques pourraient suivre la même trajectoire. Il faudra également surveiller la vitesse à laquelle les petites entreprises canadiennes intègrent les chaînes d’approvisionnement de la défense et déterminer si la certification en cybersécurité, les habilitations de sécurité, la complexité des processus d’approvisionnement et l’accès au capital deviennent des obstacles importants. L’un des indicateurs les plus révélateurs sera l’apparition d’entreprises qui avaient auparavant peu de liens avec la défense, mais qui commencent à adapter leurs technologies ou leurs activités aux marchés de la sécurité nationale.

Source : https://www.canada.ca/en/department-national-defence/corporate/reports-publications/industrial-strategy/security-sovereignty-prosperity.html

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