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Le partenariat d'investissement de 70 milliards de dollars entre le Canada et les Émirats met la souveraineté économique à l'épreuve

Le premier ministre Mark Carney accueille à Ottawa, les 26 et 27 octobre, le prince héritier d'Abou Dhabi, cheikh Khaled ben Mohammed ben Zayed Al Nahyan, dans le prolongement de l'engagement d'investissement de 70 milliards de dollars déjà annoncé par les Émirats arabes unis. Les discussions portent notamment sur la défense, l'énergie, les minéraux critiques, les infrastructures, les communications avancées, les technologies quantiques et l'intelligence artificielle. Les possibilités sont importantes, mais le succès à long terme du Canada dépendra de sa capacité à transformer ces capitaux en entreprises solides, en talents, en infrastructures et en souveraineté économique.

Ce qui s’est passé

Le 25 octobre, le Cabinet du premier ministre a confirmé la visite du prince héritier à Ottawa et la volonté d'approfondir la coopération économique et sécuritaire. Les discussions font suite à l'engagement d'investissement annoncé en novembre 2025, à un accord de protection des investissements entré en vigueur en mai 2026 et à la conclusion, en juillet, des négociations d'un accord de partenariat économique global. Ces rencontres pourraient faire progresser de nouvelles relations commerciales et stratégiques, mais l'engagement existant de 70 milliards de dollars ne doit pas être confondu avec de nouveaux projets ou débours confirmés. Les bénéficiaires, les modalités financières et les accords devront être évalués à mesure que les annonces seront faites.

Pourquoi c’est important pour le Canada

Le Canada a besoin d'investissements importants pour développer ses industries technologiques, moderniser ses capacités de défense, renforcer ses systèmes énergétiques et développer les chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques. Les capitaux internationaux peuvent accélérer la croissance, soutenir l'emploi et ouvrir de nouveaux marchés aux entreprises canadiennes, mais ils soulèvent aussi des questions sur la propriété, la propriété intellectuelle, la compétence territoriale des données, les achats et les dépendances stratégiques. Le pays doit déterminer si ces investissements créent des entreprises durables, des emplois spécialisés, une capacité de recherche et un contrôle sur les infrastructures essentielles. Les montants attirés comptent, mais les capacités et la valeur économique conservées au Canada détermineront leur véritable portée.

Ce que CCN observe

La souveraineté économique dépend de plus en plus de ceux qui financent, construisent, exploitent et contrôlent les technologies et les infrastructures dont les entreprises dépendent. L'intelligence artificielle exige de la puissance de calcul, de l'énergie, des systèmes de données fiables et des talents spécialisés, tandis que la modernisation de la défense repose sur des communications sécurisées, des chaînes d'approvisionnement résilientes et une capacité industrielle nationale. Les minéraux critiques relient ces priorités à la fabrication avancée et à la sécurité nationale. Ces décisions ne sont plus indépendantes. Elles forment un système où convergent investissement, technologie, sécurité et compétitivité. Les partenariats internationaux renforcent la position du Canada lorsqu'ils développent aussi son expertise, protègent ses actifs stratégiques et créent des possibilités durables pour ses entreprises.

Ce que les dirigeants devraient envisager

Les entreprises canadiennes devraient examiner les possibilités issues du rapprochement avec les Émirats dans les infrastructures d'IA, la cybersécurité, les technologies quantiques, la défense, l'énergie et les communications avancées. Les organisations qui envisagent des partenariats doivent regarder au-delà du financement immédiat et évaluer les droits de propriété, la protection de la propriété intellectuelle, les exigences de cybersécurité, la gouvernance des données, la participation des fournisseurs canadiens et le contrôle opérationnel à long terme. Les entreprises doivent chercher à fournir des technologies, une expertise et une valeur commerciale durable plutôt qu'à simplement recevoir des investissements. L'objectif est de convertir les capitaux en capacités canadiennes et en compétitivité mesurable.

À surveiller

Surveiller les annonces issues des rencontres des 26 et 27 octobre, notamment les investisseurs nommés, les bénéficiaires canadiens, les lieux des projets, les coentreprises et les partenariats technologiques ou de défense. Vérifier si les engagements se traduisent par des projets financés, des achats auprès de fournisseurs canadiens, des collaborations de recherche et des emplois spécialisés. La participation des entreprises nationales et les mesures de protection des infrastructures stratégiques permettront d'évaluer les retombées sur la résilience économique. Distinguer les engagements antérieurs des nouveaux investissements confirmés.

PERSONNES À SUIVRE

Mark Carney, premier ministre du Canada, pour la stratégie d'investissement et de sécurité économique; cheikh Khaled ben Mohammed ben Zayed Al Nahyan, prince héritier d'Abou Dhabi, pour les relations stratégiques avec le Canada; Anita Anand, ministre des Affaires étrangères, pour la coopération diplomatique et sécuritaire; Maninder Sidhu, ministre du Commerce international, pour les possibilités commerciales et les négociations.

ORGANISATIONS À SUIVRE

Cabinet du premier ministre du Canada et gouvernement des Émirats arabes unis, pour les accords et les annonces; Affaires mondiales Canada et Investir au Canada, pour la mise en œuvre; entreprises canadiennes de défense et de technologie, pour les débouchés commerciaux; universités et établissements de recherche canadiens, pour les partenariats scientifiques, les talents et la commercialisation.

Source : https://www.pm.gc.ca/en/

Investissement

Lire l’édition complète · 26 octobre 2026

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