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Le Canada et l’Europe s’engagent vers une intégration stratégique
L’invitation de l’Europe et la demande du Canada visant à intégrer un partenariat militaire européen montrent que le rapprochement avec l’Europe évolue vers une intégration économique, technologique et sécuritaire concrète.
Ce qui s’est passé
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a invité le Canada à devenir le premier membre associé de l’Union européenne, proposant de porter cette relation au niveau d’une alliance pour l’avenir. La relation envisagée irait au delà du commerce. Les domaines ciblés pour une coopération accrue comprennent la production de défense, l’énergie, les minéraux critiques, les batteries, l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, la cybersécurité, l’Arctique et la sécurité économique. Le même jour, le Canada a officiellement demandé à se joindre à la Force expéditionnaire conjointe dirigée par le Royaume Uni, un partenariat militaire d’intervention rapide réunissant dix pays de l’OTAN situés dans le nord de l’Europe. Le Canada explore également une participation au Programme aérien de combat mondial, une initiative de développement d’un avion de chasse avancé réunissant le Royaume Uni, l’Italie et le Japon. Le statut de membre associé ne constitue pas une catégorie établie au sein de l’Union européenne, et sa signification demeure indéfinie. Le résultat concret prendra probablement la forme d’un ensemble d’ententes donnant au Canada accès à certains programmes et cadres européens, plutôt que d’une adhésion à l’Union européenne elle même.
Pourquoi c’est important pour le Canada
Le rapprochement du Canada avec l’Europe passe d’un positionnement diplomatique à une possible intégration économique, technologique et sécuritaire. Le signal le plus important n’est pas l’appellation de membre associé. Il réside dans l’éventail des systèmes auxquels le Canada pourrait avoir accès. Ceux ci pourraient comprendre les programmes européens d’approvisionnement, la production de défense, les partenariats de recherche, les normes technologiques, les chaînes d’approvisionnement et les cadres d’investissement. Cette évolution pourrait créer d’importantes possibilités pour les entreprises canadiennes dans les secteurs de la défense, de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle, des technologies quantiques, de l’énergie, des minéraux critiques et de la fabrication de pointe. Elle pourrait également soumettre les entreprises canadiennes à une influence réglementaire européenne accrue. Cette annonce ne garantit toutefois pas un meilleur accès aux marchés. Dix pays de l’Union européenne n’ont toujours pas ratifié l’accord commercial existant entre le Canada et l’Union européenne, et des différences importantes subsistent concernant les télécommunications, l’agriculture, la réglementation et l’accès aux marchés protégés.
Ce que CCN observe
L’appellation de membre associé importe moins que les systèmes auxquels le Canada pourrait avoir accès. Les premières possibilités devraient apparaître dans l’approvisionnement en matière de défense, la sécurité numérique, l’intelligence artificielle, les minéraux critiques et les partenariats de recherche. Les entreprises canadiennes devraient se préparer avant que le cadre politique soit entièrement défini.
Ce que les dirigeants devraient envisager
Les entreprises canadiennes devraient commencer à considérer l’Europe comme plus qu’un marché d’exportation. Elle pourrait devenir un environnement stratégique doté de ses propres canaux d’approvisionnement, normes technologiques, attentes réglementaires et exigences en matière de partenariats. Les entreprises actives dans des secteurs stratégiques devraient déterminer quels programmes européens, partenaires industriels et critères de certification pourraient les concerner. Elles devraient également vérifier si leurs pratiques en matière de protection des renseignements personnels, de cybersécurité, d’intelligence artificielle et de chaînes d’approvisionnement sont prêtes à s’aligner davantage sur les règles européennes. Les meilleures possibilités pourraient d’abord apparaître dans le cadre d’ententes sectorielles précises plutôt que d’une nouvelle relation globale. Les entreprises qui attendent que le langage politique soit entièrement défini risquent de manquer les premières ouvertures commerciales.
À surveiller
Le discours du premier ministre Mark Carney devant le Parlement européen, le 17 septembre, devrait fournir davantage de précisions sur les objectifs du Canada. Le sommet entre le Canada et l’Union européenne qui se tiendra à Montréal à la fin octobre constituera le véritable test. Il faudra surveiller les ententes concrètes concernant l’approvisionnement en matière de défense, la sécurité numérique, les minéraux critiques, l’intelligence artificielle, l’énergie, la recherche et l’Arctique. Il faudra également voir si la demande du Canada visant à intégrer la Force expéditionnaire conjointe mène à une participation canadienne aux exercices, aux activités d’approvisionnement ou aux programmes de production de défense européens.
Source : The Guardian